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Laboratoire d'Ecogéochimie des Environnements Benthiques
UMR 8222

Chaire d'enseignement et de recherche UPMC-Fondation Total

ENVIRONNEMENT MARIN EXTREME, BIODIVERSITE ET CHANGEMENT GLOBAL

                

La Fondation Total soutient des programmes visant à mieux connaître et à préserver la biodiversité marine, tout en  favorisant la dissémination des connaissances dans ce domaine. Par la création d Chaire d’enseignement et de recherche «Environnement marin extrême, biodiversité et changement global » en 2009 avec l’UPMC, la Fondation permet d’associer pour une durée de 4 ans un enseignement international, au développement de recherches dédiées à l’étude de la réponse des écosystèmes profonds aux modifications de leur environnement.

L’exploration des fonds marins en grande profondeur au cours des dernières décennies a mis en évidence la richesse et inattendues de communautés liées à des ressources énergétiques abondantes mais très souvent éphémères. Avec le soutien de la Fondation Total, l’Université Pierre et Marie Curie développe au travers de la chaire ‘Environnement extrême, biodiversité et changement global’ des recherches dédiées à ces hotspots de biodiversité profonde et à leur aux relations avec les changements environnementaux planétaires. Ces recherches sont combinées à un enseignement dédié à la biodiversité des écosystèmes profonds et aux environnements marins extrêmes. Le module d'enseignement PROMEX inscrit dans le programme du Master international Marine Biodiversity and Conservation (EMBC+) et de la spécialité Océanographie et Environnement Marin su Master SDUEE de l'UPMC vise à donner à des étudiants de Master et à des doctorants les bases fondamentales qui leur permettront de s’impliquer dans des recherches interdisciplinaires et travaux d’expertises dans ce domaine. En plus des cours et séminaires présentés par des experts français et internationaux, l'UE inclut des projets bibliographiques dédiés aux enjeux actuels dans le domaine.

Ces communautés remarquables, d’abord décrites autour de sources hydrothermales sur les dorsales océaniques, sont aujourd’hui connues dans une grande variété d’habitats profonds, des sédiments riches en hydrocarbures, aux carcasses de baleine, en passant par les canyons sous-marins et les bois coulés. Si ces milieux sont qualifiés de ‘haut-lieux de biodiversité’ c'est d'abord en référence aux espèces endémiques qu’ils abritent. Ces espèces sont les témoins d’une longue histoire évolutive et reflètent par leurs adaptations spécifiques les forts couplages entre facteurs de stress et énergie disponible dans ces environnements extrêmes, au regard des conditions rencontrées généralement dans l'océan profond. Des gènes aux écosystèmes en passant par les organismes et leurs communautés ces environnements offrent de fait des modèles exceptionnels pour l'étude du fonctionnement des systèmes biologiques, écologiques et environnementaux.

La pression anthropique se fait aujourd’hui plus forte sur ces communautés préservées jusqu’à récemment de l’influence des activités humaines. Au-delà des impacts directs liés à l’exploitation des ressources énergétique, minérales et biologiques en grande profondeur, les effets des changements environnementaux planétaires (acidification, réchauffement des masses d’eau) atteignent déjà certaines régions profondes. Les bases fondamentales manquent cependant pour prédire la réponse de ces communautés aux perturbations de leur environnement.

Qu’ils soient liés à des apports massifs de matière organique ou à des sources de fluides réduits, les communautés sont associées à des environnements naturels fortement variables. L’une des questions majeures concerne la dépendance entre variabilité des conditions environnementales et la dynamique d’installation de communautés chimiosynthétiques. Cette approche initiée sur des modèles hydrothermaux est déclinée et sur des substrats organiques déployés à différentes profondeurs. 

La productivité remarquable de ces communautés dépend d’associations étroites entre consortiums microbiens et assemblages faunistiques et combine les processus de chimiosynthèse et de dégradation de la matière organique. Les mécanismes d’interaction entre composantes biologiques, chimiques et physiques, qui fondent le fonctionnement de ces écosystèmes, restent largement inconnus. Le développement de recherches à l’interface entre disciplines est aujourd’hui indispensable à la définition de stratégies de suivi à long-terme et de conservation.

Nadine Le Bris - 18/02/16

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